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La galaxie Google compte une nouvelle étoile : il s’agit de la super-plateforme Google Play. Celle-ci est née de la fusion des plateformes préexistantes qu’étaient Android Market, Google Movies, Google ebookstore et Google Music en mars 2012, et elle arrive en France ce 13 novembre. Google va ainsi pouvoir être présent sur les rares créneaux qu’il n’avait pas encore investi, poussant à l’extrême sa diversification sur la toile.

Ce service va donc pouvoir concurrencer Apple, leader en ce qui concerne le téléchargement légal d’applications, de musique et de films en ligne avec son iTunes Store, ainsi que Deezer, leader français d’écoute de musique en streaming. L’atout de Google est également sa faiblesse : en effet, Google Play fonctionne en synergie, voire en symbiose avec les autres services Google. Ainsi, il est nécessaire de posséder un compte Google et une adresse Gmail pour l’utiliser.

Véritable volonté de venir chatouiller les leaders des différents marchés, ou juste de faire acte de présence ? L’avenir nous le dira…

Le nouveau service de Google arrive en France !

Le nouveau service de Google arrive en France !

Après que Deezer a débarqué en Amérique Latine en juin dernier, le service de streaming cherche désormais à montrer sa puissance sur le nouveau continent, non pas en massacrant la population autochtone comme cela a pu être le cas il y a quelques siècles, mais en développant des partenariat avec des acteurs locaux forts.

Tout d’abord, un accord avec l’opérateur de téléphonie mobile Millicom a été trouvé. Celui-ci, présent dans 13 pays rend ainsi disponible le catalogue Deezer disponible sur tous les système d’exploitation mobiles: iOS, Android, Windows Phone et  BlackBerry. Conséquence immédiate: Deezer est d’ores et déjà leader du marché dans 6 pays latino-américains (Honduras, Colombie, Paraguay, Guatemala, Bolivie et Salvador) !

Ensuite, le deuxième accord prendra effet d’ici peu. Deezer s’est associé avec StarMedia, un portail de contenus très visité et populaire dans les pays hispanophones. Ce dernier herbera ainsi des playlist brandées Deezer, et l’on peut déjà imaginer l’impact positif que cela aura sur le service de streaming.

Tout cela traduit la volonté affichée de Deezer de se développer à l’international. En effet, Alex Dauchez, le PDG de la marque, nourrit de très fortes ambitions: d’ici 2016, Deezer vise les 5% de part de marché mondial, ce qui équivaudrait à une multiplication du chiffre d’affaires de la marque par 15 ou 20 ! En attendant, l’heure est aux investissements, car la conquête du Nouveau Monde à un prix… C’est pourquoi une troisième levée de fonds à hauteur de 100 millions d’euros vient d’être effectuée. Deezer, au CA de 50 millions d’euros en 2011, va donc devoir accuser des pertes. Tel est le lot des grands explorateurs du web.

Deezer en Amérique Latine

L’Amérique Latine est encore une fois frappée du sceau de l’impérialisme européen.

C’est avec regret que je vous annonce le décès du service de musique en ligne FNAC Music. La regrettée plateforme était atteinte d’une maladie incurable connue sous le nom de « seulement 4% de part de marché ».

rip fnac music

Mourir si jeune… Le monde du web est impitoyable.

Le site a ainsi conclu un accord d’affiliation avec Apple, leader du marché. Ce dernier reversera donc de l’argent pour chaque vente de musique sur iTunes redirigée depuis le site de la FNAC. La concurrence était trop rude pour permettre la survie de cet acteur, qui ne présentait pas assez d’arguments face à elle. Son catalogue était par exemple 3 fois moins important que celui de l’Itunes Store…

Ce changement n’est qu’une manifestation d’une nouvelle stratégie de la FNAC, qui souhaite se concentrer sur la vente de CD physique, qui représentait en 2011 80% des ventes totales de musiques enregistrées. La part de marché de la FNAC y est de 30%, la situation y est donc bien plus favorable.

Quoi qu’il en soit, je présente mes condoléances à la famille FNAC. La vie continue !

C’est en écoutant l’excellent groupe Les Rois de la Suède que je me suis posé la question de la viabilité pour les auteurs de l’écoute de musique en streaming. Dans leur chanson Ta Liberté de voler, les souverains scandinaves dénoncent surtout le piratage et l’apologie qui en est faite par certains, mais également la faible rentabilité de Deezer.

Ainsi, les Rois de la Suède s’expriment plus en détail sur leur site Internet : « Contrairement à ce que vous pensez ces plate-formes ne rémunèrent quasiment pas les auteurs et les musiciens. Elles sont la gangrène, les charognards du monde de la musique (déjà bien mal en point). Il faut savoir qu’en tant qu’auteur 10000 écoutes sur deezer ne génèrent même pas 1€… Dans ces conditions on préfère largement que les gens téléchargent illégalement (même si c’est mal), on ne gagne rien mais au moins ces salopiaux de Deezer et Spotify ne gagnent pas d’argent sur notre dos. L’idéal pour nous soutenir est évidemment de venir nous voir en concert et nous acheter à ce moment là nos albums et nos tshirts, qu’on vous remettra en main propre (s’il y a des lavabos sur le lieu de concert). »

Alors, caprice d’artiste ou vérité ? Il semblerait que la SACEM confirme leurs dires en disant toucher « 0.0007 euros pour chaque morceau écouté. Une somme ensuite divisée équitablement par trois entre l’auteur, le compositeur et l’éditeur. » C’est très peu, surtout que l’interprète n’est pas pris en compte ici, et pour cause… Il n’est PAS RÉMUNÉRÉ DU TOUT ! En effet, la Spedidam, qui est la société qui gère le droit des artistes-interprètes, ne touche pas un seul centime de la part de Deezer, Spotify et consorts. Chez Spotify, le système de rémunération des interprètes est différent, puisque l’argent est reversé aux maisons de disques qui négocient avec les artistes; au prorata des recettes publicitaires, des abonnements et téléchargements. Cependant, il règne une absence totale de transparence dans ce cas, puisque qu’aucun montant n’est dévoilé ni par Spotify, ni par les maisons de disques.

Les plates-formes de streaming sont viables, en se finançant par la publicité, les abonnements, les téléchargements ou un système freemium, mais les artistes n’y trouvent pas forcément leur compte, économiquement parlant. Parmi les solutions proposées, peu semblent applicables, car qu’il s’agisse d’une licence globale ou d’une augmentation des prix de téléchargement ou d’abonnement, les plates-formes n’y ont aucun intérêt, puisqu’elles dégagent une marge suffisante et que faire payer l’utilisateur causerait le risque du retrait total de ce dernier.

Dans le futur, les petits artistes pourraient bien se retrouver à bouder le streaming, tandis que les gros y figureraient sous l’impulsion de leurs maisons de disques. A moins qu’une solution crédible ne soit trouvée d’ici là.

En attendant, le streaming n’est pas près de fournir des vêtements aux Rois de la Suède.

Les plates-formes d’accès aux contenus font partie des industries culturelles de l’information et de la communication. En tant que telles, elles devraient pouvoir s’identifier à un modèle socio-économique générique préexistant. C’est ici que le casse-tête commence.

La notion de modèle socio-économique est introduite à la fin des années 1980 par les Docteurs et chercheurs en Sciences de l’Information et de la Communication Pierre Moeglin et Bernard Miège notamment. Deux modèles sont isolés dans un premier temps: le modèle éditorial et le modèle de flot. Le modèle éditorial comprend l’industrie du livre, du cinéma, des jeux vidéo, de la presse, et des phonogrammes physiques (CD) et se caractérise par la production de biens aux coûts marginaux faibles et par un financement sous forme de vente à la pièce. Le modèle de flot, quant à lui, désigne la radiotélévision et se distingue du modèle précédent en proposant l’accès à des programmes et en se finançant via la publicité ou via un marché mixte publicité – redevance.

Cependant, de nouveaux modèles voient le jour et se stabilisent: les modèles de club, d’économie des compteurs, et de courtage. Le premier englobe tout ce qui touche au domaine de l’abonnement forfaitaire (TV, jeux en ligne, téléphonie…), le deuxième ce qui touche au paiement au pro-rata de la consommation (TV pay per view, téléphonie…) le dernier ce qui touche à l’intermédiation d’informations (moteurs de recherche).

Le problème est donc désormais de trouver un modèle correspondant aux plates-formes… Ces dernières n’étant pas définies clairement, la tâche s’annonce ardue. En effet, la socio-économie des plates-formes trouve écho dans plusieurs des modèles sus-cités. Le financement des plates-formes via la vente à la pièce rappelle le modèle éditorial, mais le fait que les biens soient diffusés et non distribués rappellent le modèle de flot… Certaines plates-formes utilisent également le système dit « freemium » pour se financer (contenu gratuit de base, contenu payant de qualité), ce qui est à rapprocher du modèle de club. Enfin, il est également possible de rapprocher les plates-formes du modèle de courtage, dans la mesure où elles font office d’intermédiaires directs entre producteurs de contenu et utilisateurs.

Alors, peut-on parler de nouveau modèle hybride en ce qui concerne les plates-formes d’accès aux contenus? Faut-il au contraire considérer qu’il n’existe pas de modèle de plate-forme mais que chaque plate-forme appartient à un modèle générique différent? Les avis divergent pour le moment, mais j’ai tendance à croire que la logique de plate-forme est en train de se muer en un modèle qui n’est pas encore stabilisé.

« Plate-forme » est un mot que l’on entend employé à tort et à travers, et pour cause: personne ne sait véritablement définir ce qu’est une plate-forme et quelles en sont ses limites, pas même les chercheurs. Sémantiquement et étymologiquement, le terme désigne une surface plate et donc, par métonymie, une base, un fondement, un support.

Dans le domaine d’Internet, l’amalgame va bon train : ainsi, à peu près n’importe quel site, logiciel ou application peut être appelé plate-forme. Cependant, l’emploi de ce terme fourre-tout n’est pas toujours justifié. La plate-forme d’accès aux contenus telle qu’on la conçoit ici possède des caractéristiques qui, plus qu’elles ne la définissent, excluent d’autres acteurs.

Tout d’abord, la plate-forme a un rôle de médiateur entre le producteur et l’usager/consommateur : elle ne produit donc pas elle-même du contenu. Ensuite, la plate-forme fait partie des ICIC (Industries de la Culture, de l’Information et de la Communication) et son existence dépend ainsi de l’existence de contenus dématérialisés EXCLUSIVEMENT. Je vous vois venir, vous allez me citer les contre-exemples eBay ou Amazon ; ce à quoi je vous répondrai que ce sont des plates-formes de vente et non d’accès aux contenus. Enfin, les modèles économiques de la plate-forme sont divers et variés, et empruntent à d’autres modèles préexistants, différents selon les cas (ce qui sera l’objet d’un prochain article).

A partir de tout cela, on ne peut pas vraiment dégager de généralités, mais des exemples de plates-formes d’accès aux contenus: celles dédiées à la musique et/ou aux vidéos, qu’il s’agisse de téléchargement ou de streaming, gratuit ou payant (YouTube, Dailymotion, iTunes Store,…), au téléchargement de jeux vidéo (Metaboli, PSN, Xbox Live,…), d’applications pour smartphones (Android Market, Apple Store, BlackBerry App World,…), et bien d’autres.

Alors, si sur ce blog vous vous attendiez à entendre parler de plates-formes pétrolières ou de jeux de plateforme, fuyez, pauvres fous !

Mario

Désolé Mario, mais ici il n’est pas question de jeu de plateforme…

Edito

Bonjour/Bonsoir, chers lecteurs, chères lectrices !

Je m’appelle Sébastien Jacob, et ceci est mon premier blog professionnel. Ce dernier abordera l’actualité et l’histoire de l’économie des plates-formes d’accès aux contenus, en débordant éventuellement sur les aspects sociaux, juridiques, ou autres.

« Plate-forme » reste bien sûr un terme à définir, nous y viendrons dans un prochain article.

Vous me direz: « Quel est le rapport avec le titre du blog, Haut-de-forme ? » Je vous répondrai donc que la logique de plate-forme est en haute forme, alors chapeau.

Bonne lecture !